Certaines distribs telles Ubuntu, Mandriva, Fedora et d’autres commencent à être populaires et sont de plus en plus utilisées par des utilisateurs pour qui connaitre sont système est secondaire, voir totalement rédhibitoire. Sortir du cercle très fermé des informaticiens purs et durs et s’adresser à un public plus large est une bonne chose, c’est certain (je n’écrirais pas moi même ces lignes si ça n’avait pas été le cas).
Cependant, et bien qu’étant moi même de plus en plus utilisateur de GNU/Linux, j’hésite à faire du prosélytisme au sujet de ce système. Bien entendu, j’aime en parler autour de moi mais argumenter pour faire « switcher » des personnes de mon entourage sans qu’ils ne m’en fasse la demande éclairée implique une certaine responsabilité de ma part (responsabilité que je ne veux pas assumer). Je suis bien conscient qu’en agissant ainsi, je rentre moi même dans un cercle vicieux concernant l’adoption de GNU/Linux autour de moi.
La responsabilité, on l’a lorsqu’une personne (ami, famille, connaissance, collègue ou autre…) s’en remet totalement à vous pour installer ce nouveau système dont vous lui avez fait l’éloge. Au moindre problème, c’est votre propre crédibilité ainsi que celle de GNU/Linux qui sont en jeu et bien entendu, ce n’est pas le moment de se défiler. Pour ma part, installation et assistance ne me rebutent pas (ça ressemble furieusement à mon métier en ce moment vu comme ça :p ) mais je pense qu’une migration n’est vraiment possible que si la personne en face est prête à s’intéresser un tant soit peu à cet OS.
S’intéresser à son OS n’est pas en soit quelque chose de passionnant pour l’utilisateur lambda. Pourtant, ne serait-ce qu’une vue d’ensemble est utile pour gagner en autonomie. A mon sens, rien n’est dû lorsqu’on utilise des logiciels libres (souvent gratuits) et une attitude simplement consumériste ne peut avoir qu’un effet désastreux sur la perception que l’on peut s’en faire. Je n’ai jamais eu un système totalement opérationnel à la fin de la première installation et il m’a toujours été nécessaire d’effectuer quelques petites manipulations afin d’obtenir le système désiré (bien qu’il y ai de moins en moins de choses à finaliser d’une version à la suivante). Si je n’avais pas montré le moindre intérêt pour la chose, il est évident que j’aurais lâché l’affaire depuis un bon moment.
L’utilisateur lambda justement a un objectif clair : utiliser son ordinateur et tout ses logiciels sans « perdre » son temps à en comprendre le fonctionnement. A celui là, inutile de parler « logiciels libres », il s’en contre fout, surtout ça lui ajoute des contraintes.
Récemment, on m’a demandé un avis concernant l’achat d’une nouvelle machine. C’était un premier ordinateur en fait et ceux qui m’ont fait cette demande n’en étaient encore à l’époque qu’aux fondamentaux si je puis dire. N’étant en plus que peu disponible en cas de problème car j’habite à 200 kms, j’ai préféré les orienter vers une machine sous Vista. J’ai quand même nettoyé un maximum la machine (c’est fou le nombre de logiciels en version d’essai pré-installés) et j’ai installé et mis en avant les quelques applications libres nécessaires. A l’usage, Vista me semble être une pub à peine voilée pour les systèmes d’exploitation concurrents mais ça, ce n’était pas prévu. GNU/Linux ultérieurement sur cette machine, ce n’est donc pas impossible mais ce ne sera pas à moi de le décider…